Terriad’Oc

La république de Terriad’Oc est une nation indépendante, libre de toute domination extérieure. Son principal rival, le puissant royaume de Malastre, a réussi à soumettre la majorité des royaumes de l’hémisphère nord du Bel’Mond. Seul Terriad’Oc et les Royaumes d’Andaragon et du Bristlean n’ont pas plié le genou devant le royaume de Malastre, et ont gardé leur souveraineté.

Les Terriad’Occiens vivent en harmonie avec la nature et les animaux, avec lesquels ils partagent des liens uniques et des sens développés au fil des générations. Cette symbiose constitue l’un des fondements de leur mode de vie. Administrée par les Protectors et les Servidors Protectors — des citoyens reconnus pour leur dévouement et leurs compétences exceptionnelles —, la république garantit à son peuple une existence paisible et équilibrée. Les Terriad’Occiens bénéficient d’un accès universel à l’éducation, au logement, à la santé, à la protection et à la justice.

Contrairement à de nombreux autres royaumes, Terriad’Oc n’est pas régie par une religion. À la place, ses habitants partagent une profonde spiritualité tournée vers le respect et la vénération du monde vivant. Cet attachement à la nature est au cœur de leur identité.

Depuis sa fondation, la république est sous la protection des Sômiatjaires, un ordre de sages millénaires. Dotés de capacités extraordinaires développées au fil des âges, ces sages veillent à maintenir la paix et apportent leur assistance au peuple, assurant stabilité et harmonie au sein de la république.

Topographie et climat

La république de Terriad’Oc se distingue par la diversité et la richesse de ses paysages, qui contribuent à sa beauté unique. Au sud et à l’est, les montagnes s’élèvent majestueusement, tandis que l’ouest dévoile des rivages océaniques bordés de falaises et de plages. Le sud-est bénéficie d’un climat méridional propice à la douceur, et le nord s’étend sur des collines verdoyantes et vallonnées.

Ce territoire varié abrite des forêts luxuriantes, des champs agricoles fertiles, des rivières sinueuses et des fleuves majestueux, ainsi qu’une côte maritime pleine de vie. Ensemble, ces éléments assurent à la population une existence équilibrée, où rien ne manque. Les hivers, relativement doux, et les étés, parfois marqués par une chaleur généreuse, favorisent une agriculture abondante et diversifiée, renforçant la prospérité de Terriad’Oc.

Mode de vie et philosophie

Les Terriad’Occiens placent le respect de la vie au cœur de leur existence, qu’elle soit animale ou végétale. Profondément liés à la nature, ils vivent en parfaite symbiose avec les éléments, embrassant une philosophie qui honore le vivant et une conscience universelle qu’ils nomment lo Viù. Cette conscience, présente en toute chose dans l’univers, est vénérée sans l’intermédiaire de prêtres ou de temples ; chaque individu s’adresse directement à elle.

Dotés d’une faculté, qu’ils appellent le pendule interne, propre aux êtres vivants, mais sur-développée, car ils vivent en harmonie avec la nature et parce qu’ils suivent un enseignement spécifique, les Terriad’Occiens communiquent avec le vivant.

Ce sens exceptionnel, leur permet d’obtenir des réponses simples — « oui » ou « non » — à leurs questions. Grâce à cette capacité, ils dialoguent avec leurs animaux compagnons en formulant des requêtes variées : demander de l’aide, signaler un danger, surveiller un lieu, ou porter un message. Ils ressentent également, à l’instar des animaux, les changements météorologiques, les dangers imminents, et perçoivent les bienfaits ou les méfaits du vivant.

Cette philosophie du respect, combinée à une alimentation équilibrée et à la consommation d’un élixir appelé aigavida, permet aux Terriad’Occiens de vivre jusqu’à deux cents ans. Toutefois, ils choisissent volontairement de mettre fin à leur existence autour de cent vingt ans. Lorsqu’ils prennent cette décision, ils cessent de consommer l’aigavida et se retirent dans les grandes forêts. Là, ils s’endorment paisiblement au pied d’un Albero Maestoso, un arbre sacré emblématique de Terriad’Oc. Une semaine plus tard, leur corps est récupéré, brûlé en plein air, et leurs cendres sont enterrées avec une graine d’Albero Maestoso dans une forêt sacrée.

Les Albero Maestoso sont des arbres vénérés, pouvant vivre jusqu’à mille sept cents ans. Ils produisent de la sève pendant mille deux cents ans et atteignent à l’âge adulte — environ vingt ans — une hauteur de plus de trente-quatre mètres. Leurs feuilles, d’un bleu éclatant en été et d’un vert profond en hiver, restent accrochées à leurs branches toute leur vie. Elles ne tombent qu’au cours de leur lente agonie, qui s’étend sur neuf années. Ces arbres sacrés symbolisent l’essence de Terriad’Oc. Leur bois ne peut être utilisé qu’après leur mort naturelle, et cela uniquement sous l’autorité des Maîtres du vivant, des experts formés dans les académias de Terriad’Oc. Les abattre sans autorisation est strictement interdit et entraîne un bannissement.

Sur l’étendard de Terriad’Oc figure un Albero Maestoso, représenté en sinople (vert) sur un fond azur (bleu), entouré de douze étoiles d’or. Ces étoiles incarnent les douze grandes ciutats qui forment le cœur de la république.

Enseignements et connaissances

Dans la république de Terriad’Oc, tous les enfants reçoivent dès leur plus jeune âge l’enseignement des Sabéruts, des érudits qui, depuis des centaines de générations, forment les citoyens. Ce parcours éducatif est structuré en plusieurs niveaux :

Au premier niveau, les enfants, âgés de trois à sept ans, découvrent les différentes formes de vie, apprennent à utiliser leur pendule interne, et s’initient à l’écriture ainsi qu’aux arts. À sept ans, ils choisissent un compagnon animal avec lequel ils scellent un serment de fidélité et de loyauté mutuelles. De huit à douze ans, leur apprentissage s’élargit pour inclure les sciences, l’équitation, l’histoire, la géographie, et la lutte.

Au deuxième niveau, à partir de treize ans, les élèves prennent le titre de Discipol (disciple). Ils sont initiés aux techniques de combat et choisissent deux ou trois spécialisations enseignées par les Capelans, des maîtres spécialisés. Ce niveau dure entre six et huit ans, en fonction des disciplines choisies. Ainsi, les élèves achèvent généralement leurs études entre dix-neuf et vingt ans, ou vingt et un ans pour ceux qui aspirent à devenir Maîtres voyageurs. Toutefois, l’éducation ne s’arrête jamais : chaque Terriad’Occien est tenu de continuer à améliorer et partager ses compétences tout au long de sa vie.

Les académias offrent une formation commune pour tous les élèves jusqu’à douze ans, avant de proposer des spécialisations telles que : Maître du vivant, Maître des océans, Maître des matières, Maître concepteur et constructeur, Maître diplomate, Maître administrateur, Maître commerçant, Maître protecteur, Maître voyageur, Maître artisan, Maître artiste, ou Maître soignant. Certaines spécialisations, comme celle de Maître des océans, sont exclusivement enseignées dans les académias situées dans les ciutats portuaires.

Les élèves qui font le vœu de servir et protéger la république suivent obligatoirement une formation supplémentaire en Maître protecteur, tout comme ceux qui souhaitent devenir Maîtres voyageurs. Ce vœu engage ces jeunes à consacrer leur existence au service de Terriad’Oc. Plus tard, selon leurs capacités et les services rendus à la république, ils peuvent accéder à des fonctions prestigieuses et de grande responsabilité.

Les enseignants

Les enseignants des académias de Terriad’Oc se divisent en deux catégories : les Sabéruts et les Capelans. Ensemble, ils assurent depuis des millénaires la formation des jeunes générations.

Devenir Sabérut est un honneur qui exige un engagement profond envers la république. Pour accéder à ce rôle, il faut avoir servi Terriad’Oc pendant dix ans et avoir été initié par les Capelans aux deux premiers niveaux du premier cycle des grands Mystères. Après dix années en tant qu’enseignant, les Sabéruts souhaitant devenir Capelans entreprennent, en parallèle de leurs fonctions, l’initiation des deux derniers niveaux de ce même cycle. À l’issue de cette formation, qui dure dix ans, ils obtiennent le titre de Capelan et transmettent à leur tour leur savoir en formant les futurs Sabéruts.

Les Capelans sont responsables de l’éducation des élèves âgés de treize à vingt ans, ainsi que de la formation des Sabéruts aspirant à devenir Capelans. Ils ont également pour mission d’initier les Servidors Protectors au premier cycle des grands Mystères. Après trente années de service, certains Capelans, sélectionnés par les guides Sômiatjaires, peuvent entamer l’étude du deuxième cycle des grands Mystères et intégrer à leur tour le prestigieux ordre des Sômiatjaires.

Le pendule interne

Chaque être vivant possède en lui un pendule interne, un lien intrinsèque qui le connecte au monde du vivant. Ce lien se manifeste selon la sensibilité et le niveau d’évolution de l’individu.

Les fonctions primaires du pendule interne relèvent de l’instinct de survie, un mécanisme universel. Cependant, les êtres dotés d’une sensibilité accrue peuvent, grâce à un enseignement approprié et à un entraînement rigoureux, développer une multitude de facultés. Parmi celles-ci figurent l’intuition, les soins, la prémonition, et même la capacité de transmuter les matières. Ces individus sont également capables de communiquer avec diverses formes de vie, enrichissant ainsi leur connexion au vivant.

Premier niveau : Enseigné par les Sabéruts aux élèves de trois à douze ans.

1) Montrer sa bienveillance envers la vie.

2) Ressentir le magnétisme.

3) Rassurer et calmer les animaux.

4) Discerner le oui et le non.

5) Communiquer avec son animal compagnon.

6) Chercher de l’eau.

7) Discerner les propriétés curatives ou nocives d’une plante.

Deuxième niveau : Enseigné par les Capelans aux élèves de treize à dix-neuf, vingt ou vingt et un ans.

8) Développer ses cinq sens.

9) Soigner et soulager par imposition des mains.

10) Ressentir et écouter son intuition.

11) Se connecter et communiquer avec le vivant, appeler des formes de vie, leur demander de faire des actions simples, et de répondre à des questions simples par le oui ou le non.

Les grands mystères

Les guides Sômiatjaires choisissent parmi les Capelans ayant enseigné pendant trois décennies ceux qui seront initiés aux grands mystères du deuxième cycle. Ces derniers se répartissent en trois spécialisations : Maître du vivant, Maître des matières et Maître soignant. La formation pour le deuxième cycle dure quarante ans, soit dix années par niveau. À l’issue de cette formation, les Capelans reçoivent le titre de Sômiatjaires, devenant ainsi les gardiens de la république.

Chaque grande ciutat compte trois guides Sômiatjaires, tandis que le conselh en possède huit. Les membres du conselh résident dans un lieu secret, le sanctuaire de Sorgavida, connu uniquement des guides Sômiatjaires et des Capelans en formation pour l’initiation aux grands mystères. Ces guides ne quittent jamais le sanctuaire, car en plus de leur rôle de gardiens de la république, ils détiennent et protègent le savoir Terriad’Occien ainsi que les grands mystères.

Les quatre premiers niveaux du premiers cycle des grands mystères

Enseigné aux Sabéruts par les Capelans : les deux premiers niveaux nécessitent deux ans d’étude chacun, les deux derniers : trois ans chacun.

1) Développer son sixième sens.

2) Soigner des maladies et blessures graves.

3) Prolonger la durée de vie par ralentissement du vieillissement.

4) Communiquer à distance par biais de réseaux telluriques.

Les quatre derniers niveaux du deuxième cycle des grands mystères

Enseigné aux Capelans par les Sômiatjaires, chaque niveau demande dix ans d’étude.

5) Très grande connaissance chimique du vivant et du minéral.

6) Influencer par la parole les êtres vivants.

7) Projeter son esprit dans le corps d’un être vivant, et le contrôler.

8) Manipuler et contrôler les forces d’énergie tellurique.

9) Transmuter la matière.

10) Projeter et contrôler son esprit dans les sphères astrales.

 

Les Ciutats

La république de Terriad’Oc compte douze grandes cités, appelées les ciutats, situées le long des principales voies navigables. Réparties sur l’ensemble du territoire, elles administrent les huit Borhnons (équivalents des départements) de la république. Parmi elles se trouve Belutz’Oc, la capitale. Les ciutats sont des centres économiques et culturels majeurs, autour desquels gravitent les vilarets (villages). En outre, elles servent de sanctuaires fortifiés pour tous les habitants de Terriad’Oc.

Administration

Dans chacune des grandes ciutats, un Servidor Protector est épaulé par un conseil de douze membres, tous issus des Capelans. Ces douze membres représentent les douze spécialisations des Académias.

Les Servidor Protectors de chaque ciutat forment ensemble le haut conseil, qui se réunit quatre fois par an à Belutz’Oc, lors des solstices et des équinoxes, ou en cas de circonstances exceptionnelles.

Communication

Les douze ciutats disposent d’un service postal classique utilisant les voies fluviales. En cas d’urgence, des rapaces sont déployés comme messagers. De plus, elles peuvent communiquer entre elles grâce à des phares lumineux installés au sommet de leurs donjons.

Les initiés au premier cycle des grands mystères disposent d’un autre moyen de communication : ils utilisent les points de convergence tellurique, répartis sur un vaste réseau traversant Terriad’Oc. Chaque ciutat possède un de ces points de convergence, généralement situé dans le grand donjon pastel.

Voies principales de circulation entre les ciutats

Des chemins et des routes relient les ciutats entre elles ainsi que les vilarets. Ces voies suivent principalement les cours d’eau et sont souvent bordées d’arbres, offrant de l’ombre aux voyageurs. On s’y déplace à pied, à cheval ou en charrette. Le transport des marchandises entre les ciutats et certains vilarets se fait majoritairement par voies fluviales : fleuves, rivières et canaux. À l’intérieur et autour des ciutats, des embarcations mises à disposition des habitants circulent sur les canaux, suivant le courant. Ces embarcations servent au transport de personnes comme de marchandises. Des charrettes tirées par des chevaux complètent également ce réseau de transport.

Urbanisme

Toutes les ciutats suivent un concept urbain identique, structuré autour de deux canaux circulaires et de quatre quartiers appelés les carreirats. Elles sont systématiquement construites en bordure d’une voie navigable, qu’il s’agisse de grandes rivières ou de fleuves, qui alimentent les deux canaux.

Le grand canal extérieur, nommé Lo Robina Bèl, et le petit canal intérieur, Lo Robina Polit, servent de principales voies de circulation. Ces canaux permettent le transport des marchandises grâce aux burs, de larges embarcations à fond plat qui approvisionnent les marchés, les manufactures et les artisans.

Pour les déplacements des habitants, des pinassas, petites embarcations également à fond plat, transportent entre dix et vingt passagers selon leur taille. Des quais, judicieusement répartis à intervalles réguliers le long des deux canaux, permettent d’accéder facilement à tous les carreirats.

Les 3 entrées terrestres

Deux entrées simples et une double, toutes équipées de pont-levis, constituent les seuls points d’accès pour les piétons, les cavaliers et les chariots. Ces entrées sont disposées à intervalles réguliers autour de Lo Robina Bèl. Derrière chaque pont-levis se trouvent des infrastructures essentielles : des écuries, un donjon, un poste de protection, ainsi que des voies d’accès fluviale et terrestre desservant les quatre carreirats.

La double entrée, située à l’opposé du quartier du port, offre un accès direct au haut du quartier des habitations. Les deux entrées simples, quant à elles, mènent respectivement au quartier du commerce et au bas du quartier des habitations.

Les carreirats

Chaque carreirat est équipé d’un poste de soin, d’un poste de protectors, ainsi que d’un donjon pouvant abriter les habitants du quartier en cas de besoin.

Carreirat de dos pòrts : le quartier des deux ports.

Carreirat del mercason : le quartier du commerce.

Carreirat de démoras : le quartier des habitations.

Carreirat dos ciutadans : le quartier des citoyens.

Carreirat de dos pòrts

Les navires accostent d’abord au port Benvengut, où ils sont inspectés par les administrateurs. Une fois cette étape terminée, le fret est débarqué, et les passagers reçoivent un médaillon de visiteur.

Les navires souhaitant charger des marchandises avant de repartir empruntent le Robina Bèl, effectuent le tour de la cité, puis ressortent par le port Bonviatge. Ce port, qui fait également office d’arsenal, permet aux navires d’effectuer des réparations. Ils y sont à nouveau inspectés par les administrateurs avant de charger leurs marchandises et d’embarquer des passagers en direction des autres ciutats.

Carreirat del mercason

Le Carreirat del Mercason se situe au-dessus du Carreirat de dos pòrts, dont il est séparé par le Robina Bèl. Il s’étend entre le Robina Bèl et le Robina Polit.

Ce quartier abrite le grand marché des échanges, les commerces, les artisans, les manufactures, les forges, les fours, les verreries, les tavernes et les logements destinés aux voyageurs. Tout le long du Robina Bèl, en bordure du Carreirat del Mercason, se trouvent des moulins à eau. Ces moulins fournissent l’énergie nécessaire au fonctionnement des manufactures.

Carreirat de démoras

Le Carreirat de Démoras, le quartier des habitations, est le plus grand des quatre quartiers de la ciutat. Il s’étend au-dessus ainsi qu’à gauche et à droite du Carreirat del Mercason. Traversant les deux canaux, ce quartier est équipé de deux marchés et de grands parcs. Il remonte jusqu’à la double entrée, seuls les citoyens de la cité y demeurent.

Carreirat dos ciutadans

Au centre de la cité se trouve le Carreirat dos Ciutadans, dont le cœur abrite le grand donjon Pastèl. Autour de ce donjon sont répartis les édifices suivants : les logements des représentants de la cité, une académia, deux centres de soin, un centre administratif et judiciaire, le palais des arts et de la culture, ainsi qu’un amphithéâtre.

Le Carreirat dos Ciutadans n’est accessible que par le Robina Polit. Tous ces bâtiments sont implantés au centre du plus grand parc de la cité, où poussent les majestueux Albero Maestoso. En dehors du Carreirat dos Ciutadans de chaque ciutat, ces arbres ne croissent que dans les grandes forêts sacrées de Terriad’Oc.

Construction

Les Terriad’Occiens utilisent divers matériaux pour la construction : le bois, la pierre, la terre, la silice (pour la fabrication du verre), le Lapédolice (qui remplace le fer) et la végétation vivante. Cette dernière permet de faire pousser des arbres, des arbustes et des buissons, que l’on façonne selon les formes désirées. Ainsi, le mobilier, les écuries ouvertes et les marchés couverts sont réalisés selon ce procédé.

Tous les bâtiments sont construits avec une ossature en pierre, remplie de briques faites de terre et de paille mélangées, que l’on fait ensuite sécher. Les colonnes sont en pierre ou en bois, tandis que les toits sont recouverts de chaume ou de tuiles. En hiver, les fenêtres sont protégées par des volets en bois et en silice, qui laissent passer la lumière.

Les donjons sont principalement faits de granit et de pierre locale, à l’exception des grands donjons des douze grandes ciutats, qui sont entièrement construits en blocs de granit.

Les exploitations agricoles périphérique des ciutats

Les exploitations agricoles sont regroupées autour de hameaux, situés à moins d’une heure de marche de la ciutat. Chaque hameau rassemble une trentaine d’exploitations et dispose des équipements suivants : un dispensaire pour les soins, une petite académia, deux grandes granges communes, un marché couvert avec des échoppes, deux grands fours à pain pour les boulangers, deux écuries ouvertes, un centre administratif, un moulin à vent, un forgeron et un donjon destiné à accueillir les villageois en cas de danger. Le donjon abrite une garnison de dix protectors, chargés d’assurer la sécurité des habitants.

Les voies fluviales

Les voies fluviales sont les principaux réseaux de circulation et de commerce entres les Ciutats. Dessus y circulent des grandes gabares de transport de marchandises et de personnes.

Les vilarets

En général, les vilarets sont implantés en bordure de rivière, non seulement pour l’approvisionnement en eau, mais aussi pour faciliter les déplacements. Les Terriad’Occiens privilégient les voies fluviales pour les longs trajets, ainsi que pour le transport des marchandises. Chaque vilaret dispose donc d’un quai et d’un centre de maintenance pour les embarcations.

Les vilarets sont organisés autour du marché couvert, qui en constitue le cœur. Autour de ce marché se trouvent des échoppes où artisans et commerçants exposent leurs marchandises. À la périphérie du marché, on trouve les bâtiments publics : une académia, un centre de soin, l’administration, des granges collectives, des écuries ouvertes, ainsi qu’un centre de transformation et de manufacture.

À l’entrée de chaque vilaret se dresse un donjon, toujours accompagné d’une petite garnison de protectors. Ce donjon est équipé d’un système de miroirs et d’une lanterne à son sommet, permettant de transmettre des messages, de jour comme de nuit, aux tours relais. Selon la taille du vilaret, le donjon peut être plus ou moins imposant, et en cas de danger, il est conçu pour mettre à l’abri l’ensemble de la population. Les habitations se trouvent à la périphérie du vilaret, espacées les unes des autres et dotées de jardins. Elles sont situées loin des nuisances sonores du centre et bénéficient d’une vue dégagée sur la nature environnante.

Économie et ressources

L’agriculture et la pêche constituent les principales sources alimentaires de Terriad’Oc. Les fermes produisent des céréales, des fruits et des légumes, tandis que la pêche fournit poissons, crustacés, coquillages et algues. Le territoire de Terriad’Oc est également célèbre pour ses vignobles, dont les vins jouissent d’une grande renommée, notamment à Bel’Mond. Les ports des deux mers exportent des vins, des parfums, des médicaments, des fruits et des textiles.

Une flotte marchande imposante sillonne les deux mers, commerçant avec divers royaumes. Pour assurer la sécurité des échanges, des navires d’escorte, légers et rapides, protègent les convois commerciaux des pirates, qui attaquent fréquemment.

Les vignes, qui produisent certains des vins les plus prisés, représentent le deuxième revenu principal de Terriad’Oc. La principale production de la région provient des vignes et du teissural, une plante principalement utilisée pour la fabrication de textiles et de papier.

Le teissural possède des propriétés exceptionnelles : il est à la fois isolant contre le froid et la chaleur. En le combinant avec d’autres plantes et en suivant des procédés de fabrication particuliers, il peut devenir aussi solide que le cuir. Lorsqu’il est mélangé à de la poudre de lapédos (coquillages de gastéropode), il devient plus résistant que l’acier. Grâce à ce procédé, les Terriad’Occiens fabriquent des hauberts d’une légèreté et d’une souplesse incroyables.

En mélangeant lapédos et silice chauffée à très haute température, ils créent le Lapédolice, un matériau qui permet de forger des sabres Fuèlhamòrt, des dagues et des pointes de flèche capables de percer n’importe quelle armure en fer. Seuls les Terriad’Occiens ont le droit de posséder ces armes et protections, et leur exportation est interdite.

Le lapédolice est également utilisé pour fabriquer des socs de charrue, des fers-à-cheval et divers éléments de construction. Des moulins à eau et à vent fournissent l’énergie nécessaire aux manufactures qui transforment le teissural ainsi que les matières minérales et agricoles.

L’artisanat de Terriad’Oc est réputé pour sa finesse, alliant qualité et beauté. Innovants et créatifs, les artisans de la république sont au service de la population, produisant des œuvres à la fois fonctionnelles et esthétiques.

Énergie

Manufactures : Moulins à eau ou à vent, chauffage, forge et four, utilisant principalement de la tourbe séchée, du charbon et du bois.

Importations : Terriad’Oc importe régulièrement de nouveaux légumes, fruits, arbres, épices et plantes médicinales qu’elle acclimate avec soin. Certaines matières premières manquantes sont également importées pour compléter les ressources locales.

Les livres provenant des royaumes extérieurs sont particulièrement recherchés, car ils permettent non seulement d’enrichir les connaissances des Terriad’Occiens, mais aussi de mieux comprendre la culture, la philosophie, l’histoire et le fonctionnement de ces royaumes. Les copistes produisent de nombreux exemplaires de ces ouvrages, qui sont ensuite distribués dans les bibliothèques des académias.

La participation

Chaque citoyen de Terriad’Oc reçoit une rémunération identique de la république, appelée la grasida (le remerciement), mais elle ne peut être utilisée que pour les produits d’importation. Tous les besoins essentiels — alimentation, logement, santé, éducation, et protection — sont accessibles gratuitement. Il suffit pour cela de participer à la vie de la république, selon ses capacités.

La notion de prix entre Terriad’Occiens n’existe pas. L’argent, la grasida, sert uniquement pour les transactions commerciales avec les royaumes extérieurs et les étrangers. Les voyageurs de Terriad’Oc en disposent également lors de leurs déplacements dans Bel’Mond.

Les Terriad’Occiens se reconnaissent entre eux grâce à un médaillon en lapédolice, gravé sur une face d’un Albero Maestoso. Ce médaillon leur est remis dès leur naissance. Plus tard, lors de la cérémonie de passage à l’âge adulte, un capelan fait graver sur l’autre face du médaillon le symbole de l’animal compagnon du jeune adulte. En plus de ce médaillon, les Terriad’Occiens possèdent un moyen infaillible de se reconnaître grâce au pendule interne. Celui-ci leur permet de vérifier si une personne est un citoyen de la république.

Alimentation

Les Terriad’Occiens ne consomment ni mammifères marins ni chair d’animaux terrestres. Leur alimentation repose sur les produits des océans, des lacs et des rivières, ainsi que sur les céréales, légumes et fruits.

Ils consomment une grande variété de pains, appelés pané. Grâce à différentes farines et méthodes de cuisson, le pané peut être aromatisé de fruits secs, de fromage, de légumes ou de poissons. Les Terriad’Occiens sont également de grands amateurs de gâteaux, qu’ils préfèrent sous forme de tartes ou de galettes. Ils les accompagnent souvent de boissons chaudes, telles que des infusions de plantes et de fruits.

La pâte de ces gâteaux est généralement composée de farine de blé, d’œufs et de lait, et est aromatisée de miel, d’épices et d’essences de fleurs. On y ajoute parfois des fruits secs ou de saison. Ils apprécient particulièrement l’huile d’olive et de noix, ainsi que les fruits secs des forêts, qu’ils consomment quotidiennement.

Les Terriad’Occiens préparent aussi le panéviatgé, une galette faite de farine de blé et d’algues, à laquelle on incorpore un élixir appelé Aigavida — un fortifiant à base de sève d’Albero Maestoso, de plantes médicinales et de miel. Ce panéviatgé est un aliment de voyage : une galette par jour suffit pour nourrir un adulte, et il peut se conserver toute l’année sans perdre ses propriétés.

Le climat doux de Terriad’Oc en hiver et chaud en été, ainsi que ses reliefs vallonnés, en font une terre idéale pour la culture de la vigne. Les vins de Terriad’Oc sont renommés, et il est bien connu que les habitants de la république leur accordent un grand honneur, tout comme l’Agradiu une boisson distillée qu’ils font vieillir dans des fûts de chêne.

Les animaux

Tous les animaux vivent libres, dans les pâturages, les forêts et les montagnes. Seuls les chevaux, les chiens, les chats et certains oiseaux ont un statut particulier : ils sont nourris, soignés et protégés. Les chevaux peuvent dormir dans des écuries ouvertes situées en périphérie des cités ou des villages. En général, ces animaux viennent librement à l’appel du pendule interne, et ne répondent qu’aux seules personnes qu’ils connaissent. Ils entretiennent un lien particulier avec ceux qui les ont aidés à naître et qui prennent soin d’eux. En échange, ils assistent les Terriad’Occiens dans leurs activités.

À partir de trois ans, les chevaux sont formés selon leurs aptitudes : trait ou selle, par les maîtres du vivant. Par la suite, ils peuvent choisir de vivre en périphérie des cités et des villages ou de retourner à l’état sauvage. Les Terriad’Occiens ne contraignent jamais un animal à travailler ; chaque être garde son libre-arbitre et peut arrêter de travailler à tout moment. En règle générale, sauf en cas de problème physique, un animal terminera le travail qu’il a commencé.

Les chiens, les chats et certains oiseaux choisissent un compagnon, et non un maître. Le mot « maître » n’est utilisé que dans le sens de la maîtrise d’un art ou d’une compétence. Le terme « compagnon » désigne ceux qui sont liés entre eux et partagent une partie de leur vie. Les compagnons animaux conservent leur libre-arbitre et, s’ils le souhaitent, peuvent retourner à l’état sauvage à tout moment. Leur rôle est de protéger les Terriad’Occiens, en les alertant des dangers, mais aussi en transmettant des messages en portant de petits rouleaux où sont inscrites des informations en langage codé. Ils peuvent aussi transmettre des informations primaires par le biais du pendule interne.

Lorsque leurs compagnons humains partent en voyage, les animaux choisissent souvent de les accompagner, mais sont libres de refuser. En temps de guerre, ils se rangent naturellement aux côtés de leur compagnon. Certains animaux, tels que les loups, les ours, les cerfs, les lynx et les aigles, sont capables de combattre en meute ou en horde.

La défense

Il n’y a ni châteaux ni citadelles sur Terriad’Oc. Les ciutats sont protégées par le Lo Robina Bèl, les donjons des quartiers, et le grand donjon Pastel, où les habitants se réfugient en cas de danger. Des compagnies de protectors sont réparties dans toutes les ciutats, et les vilarets ainsi que les ports en bord de mer possèdent également un ou plusieurs donjons, où résident de petites garnisons de protectors.

Les convois marchands sont escortés par des navires équipés de balistes et de systèmes optiques de défense, capables d’éblouir les assaillants et de brûler les voiles de leurs navires. Ces mêmes systèmes de défense sont installés dans les donjons.

Les combattants

Tous les Terriad’Occiens et tous les animaux sont des combattants. Cependant, certains ont fait de cette compétence leur profession : ce sont les protectors.

Les protectors se reconnaissent à leur grand mantel à capuche et à manches mi-longues. Confectionné en lapédos, ce mantel les protège jusqu’aux genoux et aux coudes. Souple et léger, il est plus résistant que n’importe quelle armure de fer. Ils portent également des gants remontant jusqu’aux avant-bras et des bottes en lapédos. Selon leur spécialité, la couleur de leur mantel varie : sinople pour les pisteurs, azur pour les marins, et marron pour les cavaliers et les fantassins.

Les protectors sont tous formés aux mêmes disciplines de combat : épée, arc, lance, dague et lutte. Ce sont les meilleurs combattants de Terriad’Oc ainsi que des royaumes extérieurs.

Les Terriad’Occiens sont particulièrement réputés pour leur grande adresse au maniement de l’arc de guerre, qu’ils pratiquent régulièrement. Leurs arcs sont fabriqués à partir d’un assemblage de lames de bois taillées dans les plus hautes branches d’Albero Maestoso, et de bandes de Teissural collées entre elles avec un mélange de colle de poisson et de résine de Mélèze. Cette combinaison leur confère une puissance exceptionnelle et une grande souplesse. Certains des arcs les plus puissants sont capables de projeter des flèches à plus de trois cents mètres et de percer les camails de cotte de mailles ainsi que les armures de cuir à plus de cent mètres.

En période de guerre, les guides Sômiatjaires conduisent au combat les meutes et les hordes d’animaux restés à l’état sauvage. Gardiens de la république, leurs grandes compétences en font des maîtres du renseignement, de l’infiltration, de la défense et de la stratégie.

Retour en haut